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Les Français et le débat sur la suppression des 35 heures

Sondage Harris Interactive pour l’Humanité – 07/01/2011


Enquête réalisée en ligne par l'institut Harris Interactive les 5 et 6 janvier 2011. Echantillon de 935 individus issus de l’access panel Harris Interactive, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle de l’interviewé et taille d’agglomération.

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A la demande de l’Humanité, Harris Interactive a réalisé une enquête auprès d’un échantillon représentatif de Français. Il s’agissait, alors que le débat sur les 35 heures rebondit aussi bien au sein de la Gauche que de la Droite, de connaître l’opinion des Français non seulement sur l’opportunité perçue de la suppression de ce dispositif que sur les effets anticipés de celle-ci.


1. 56% des Français se déclarent opposés à la suppression des 35 heures.

Une majorité de Français se déclare aujourd’hui opposée à la suppression des 35 heures (56% contre 44% de personnes favorables). Près d’un tiers indique même être tout à fait opposé à une telle mesure (32%).

Les lignes de fracture sont avant tout politiques, mais également sociales et générationnelles. Seuls 16% des sympathisants de Gauche (et 10 % des sympathisants PS) affirment être favorables à une éventuelle suppression alors que les sympathisants de Droite s’avèrent être bien plus favorables à la disparition de ce dispositif (80%). A noter que les personnes se déclarant sans préférence partisane se déclarent majoritairement opposées à la suppression des 35 heures (58%).

Les salariés s’y opposent en majorité, qu’ils appartiennent au secteur public (71%) ou au secteur privé (63%). Les personnes qui bénéficient d’un accord de réduction du temps de travail fixant leur durée hebdomadaire à 35 heures sont plus susceptibles d’être opposées à une suppression de cette mesure (77%). Quant aux salariés qui n’en bénéficient pas, ils sont plus partagés (50% de favorables contre la même proportion d’opposés). On constate également que les membres des catégories supérieures sont un peu plus favorables sur la question que les membres des catégories populaires (41% de favorables parmi les premiers contre 31% chez les seconds).

Enfin, l’adhésion à cette suppression a tendance à croître avec l’âge, les 50 ans et plus la voyant positivement à hauteur de 52% contre 34% chez les 35-49 ans et 33% pour les 25-34 ans.



2. Une majorité des Français ne croit guère à des retombées positives en cas de fin des 35 heures

Si les Français sont majoritairement opposés à cette éventualité, c’est qu’ils doutent des retombées positives en termes de productivité, de croissance et d’emploi. Ainsi, seuls 30% pensent que cette suppression entraînerait la création de nouveaux emplois. Les jugements sont moins nets lorsqu’il s’agit d’envisager l’impact de cette suppression sur la productivité et la croissance mais les perceptions négatives l’emportent toutefois : 51% des Français ne pensent pas que la productivité augmenterait et 57% doutent d’une relance consécutive de la croissance.

Les Français sont également sceptiques quant à l’impact anticipé sur les salaires : pour 65% d’entre eux, la suppression des 35 heures ne signifierait pas une hausse des salaires. En revanche, cela occasionnerait selon eux, une dégradation des conditions de travail à hauteur de 55%.


On observe globalement sur ces différentes interrogations les mêmes oppositions que pour la première question.

Les sympathisants de Droite croient majoritairement à des conséquences économiques positives d’une suppression des 35 heures (81% pour la productivité, 80% pour la croissance, 68% pour les salaires et 57% pour l’emploi) alors qu’ils réfutent le risque de dégradation des conditions de travail (78% de non).

Ce sont les bénéficiaires des 35 heures qui craignent le plus cet effet (73%), et cela sans contrepartie financière (75% n’imaginant pas de hausse des salaires).



On le sait Manuel Valls, à Gauche, appelle à un « déverrouillage » des 35 heures et, en cela adopte une position différente de la direction du Parti Socialiste ; de son côté Xavier Bertrand, à Droite, plaide plutôt pour le statu quo tandis que la direction de l’UMP opte pour la suppression du dispositif. Le sondage montre que les débats traversant les familles politiques atteint une intensité plus importante au sein des représentants que des sympathisants : la ligne de partage est très nette entre d’un côté les Français proches de la Droite convaincus par les arguments en faveur de la suppression des 35 heures et, de l’autre, des sympathisants de Gauche attachés aux 35 heures et doutant fortement des possibles effets bénéfiques de leur disparition.

On le sait, enfin, ce débat constitue par essence le type de sujet sur lequel les opinions peuvent évoluer. Alors que les discussions portant sur le principe de l’aménagement du dispositif ont été entendues par les Français, les propositions et conséquences n’ont pas fait l’objet d’échanges politiques marquants. Les Français rencontrent souvent une difficulté à se « jeter dans l’inconnu ».


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